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vendredi 28 août 2015

À propos de Wikipédia...

Un article a été publié sur Thot/Cursus, dans le cadre d'un dossier plus large sur l'« encyclopédisme ».

Il se trouve que j'ai eu le plaisir d'être interviewé pour l'un des articles de ce dossier (article réservé aux abonnés), consacré à l'utilisation de Wikipédia dans l'enseignement supérieur mais ce n'est pas à ce titre que j'écris ici.

Ne parvenant pas à poster mon (peut-être trop long !) commentaire à la fin d'un autre article, en accès libre celui-ci, s'interrogeant sur la possibilité d'une réelle neutralité pour Wikipédia, je dépoussière ce blog avec ma réponse ; la voici, in extenso ou, comme on écrit sur Wikipédia, ''in extenso'' :

Il y a quelques erreurs dans cet article...

Les "sysops" ne forment pas un comité éditorial. Ils disposent d'outils, leur permettant entre autres effectivement de protéger une page en écriture, ou de la supprimer ; mais ils n'ont le droit de le faire qu'en appliquant les règles édictées par la communauté.

Ce sont à la base des contributeurs comme les autres, ni plus ni moins anonymes, ni plus ni moins connus. Ils sont élus, sur la base du volontariat, par la communauté dont ils émanent -et cette communauté peut fort bien décider de retirer leur statut s'ils dérogent aux règles qu'elle a établies.

Il s'ensuit qu'en cas de litige éditorial, l'avis d'un administrateur ne vaut ni plus ni moins que celui de n'importe quel autre contributeur. Les débats sur l'admissibilité d'un article peuvent être lancés par tout un chacun, administrateur ou non, contributeur identifié par un pseudonyme, son nom réel ou bien son adresse IP de connexion. ces débats peuvent être conclus par tout un chacun. La suppression finale éventuelle de la page est effectivement du ressort d'un administrateur, mais il ne doit suivre que les recommandations formulées par le contributeur qui prend la décision de clore le débat, dans un sens ou un autre.

Le Comité d'Arbitrage n'est pas constitué de 12 volontaires élus pour un ou deux ans. Il n'y a pas de limite supérieure au nombre d'arbitres, mais il faut au moins 3 arbitres pour un arbitrage. Et ils sont élus, encore une fois par la communauté, pour des mandats de 6 mois renouvelables. Ce « CAr » n'a pas vocation à traiter les différends entre administrateurs, mais entre n'importe quels contributeurs. Il ne se prononce par sur des questions éditoriales, mais il est saisi quand, sur une durée assez longue, des contributeurs sont en conflit. Il ne se prononce alors pas sur les questions éditoriales (qualité des sources, notoriété...), mais sur le respect des règles de fonctionnement du projet, celles qui gèrent les relations que doivent avoir les contributeurs entre eux.

De plus, fort heureusement, il n'y a pas que les sysops qui surveillent avec vigilance ce qui se passe dans les articles ! Tout un chacun, avec un compte enregistré ou non (le fait d'avoir un compte facilite le processus), peut intervenir pour corriger une erreur, ou bien demander à un sysop la suppression d'une page.

La baisse du nombre de contributeurs, réelle si on ne considère que la Wikipédia anglophone, est grandement à nuancer. En effet, l'anglais est de facto une sorte de lingua franca de l'internet. On constate plutôt une redistribution des contributeurs: ceux qui, en raison du faible développement de la wikipédia dans leur(s) langue(s) natale(s), contribuaient sur la wikipédia anglophone, se redéploient maintenant sur des wikipédias moins développées, traduisant d'ailleurs souvent les articles en anglais dans leur langue natale, ou bien sur d'autres projets comme Wikimedia Commons ou Wikisource.

Cependant, à part ces quelques remarques sur le fonctionnement du projet, je souscris à la conclusion de l'article. Actuellement, Wikipédia est devenue incontournable. Même si on l'interdit, c'est inefficace car de toute manières, les élèves et étudiants vont s'en servir. Autant s'en servir aussi en tant qu'enseignant: c'est un outil très riche pour sensibiliser à la lecture critique, notamment via l'exigence du recours systématique aux sources (ce qui amène à s'interroger sur leur pertinence, leur point de vue...), mais aussi grâce à la comparaison, souvent possible, avec les articles sur le même sujet dans les autres versions linguistiques.

Wikipédia n'est pas une source -je ne connais aucun Wikipédien un tant soit peu chevronné qui le prétende. Tout comme une encyclopédie plus traditionnelle n'en est pas une, du reste. Ce sont des points d'entrée, pour se faire une idée générale d'un sujet. Si on veut vraiment creuser un sujet, il faut s'adresser directement aux sources, aux auteurs de référence. Du point de vue de l'enseignant, Wikipédia, en explicitant ce mécanisme de rédaction d'après les sources, qui découle directement de cette fameuse « neutralité de point de vue » annoncée comme un des principes fondateurs du projet, est un très bon outil pour sensibiliser les élèves à la lecture critique non seulement de Wikipédia, mais aussi, par ricochet, des media auxquels sont confrontés les jeunes (et moins jeunes!) et ainsi en faire des citoyens avertis.

jeudi 8 janvier 2015

Je n'aime pas Charlie Hebdo

Quelques mots en vrac. Je ne relirai pas, il est trop tard pour ça...

En général, je trouve leur humour trop gras, trop rentre-dedans. On te donne une grande beigne en pleine figure pour te faire ouvrir les yeux sur des trucs choquants ou absurdes. Ça réveille, mais même si les idées derrière touchent à des principes profonds et essentiels (notamment la fameuse laïcité à la française, celle de 1905 hein, la tolérante, pas son reboot du XXIe siècle fondé non plus sur le respect de la liberté de conscience d'autrui, mais sur le recentrage égoïste qui ne veut pas être dérangé par l'expression des convictions religieuses de l'Autre), les envoyer au bazooka à la figure des gens n'est pas forcément la manière la plus efficace de les en imprégner.

Un peu comme quand pour lutter contre la somnolence, on secoue la tête sur l'autoroute avec l'impression que cela nous réveille. Oh, on est réveillé quelques secondes, mais après on retombe.

J'ai la même impression avec Charlie Hebdo. Des baffes pour réveiller, et puis le lendemain on ne s'en souvient pas.

Mais la baffe de ce midi, je ne suis pas prêt de l'oublier.

J'ai l'impression que tout a déjà été dit par des gens qui pensent et écrivent bien mieux que moi, a fortiori à minuit. Des gens qui ont parlé pour moi. Qui sont allés aux divers rassemblements pour moi car je ne pouvais pas m'y rendre.

Mais maintenant que le choc du moment est passé, une fois n'est pas coutume avec Charlie Hebdo, il reste quelque chose. Quelque chose qui, à cette heure-ci, me semble aussi fort que l'image de Rostropovitch jouant près du Mur de Berlin en novembre 89. Comme un écho. En 89, à 17 ans j'ai pleuré en apprenant la chute du Mur. Ce soir, à 42 ans j'ai pleuré en voyant que pour cette liberté si chèrement acquise pour certains il y a un quart de siècle, des gens sortaient encore dans la rue. Ils sont sortis (un peu partout dans le monde apparemment) non pour défendre des caricaturistes dont la plupart n'avaient jamais entendu parler, mais pour proclamer qu'il ne servait à rien d'essayer de bâillonner des journalistes, d'assassiner avec des armes de guerre des gardiens de la paix (pour le coup, j'ai envie de mettre un P majuscule à Paix). Que la liberté, et en particulier la liberté d'expression était un pilier fondamental de la démocratie.

Alors merci. Merci à tous d'avoir montré que la liberté, c'était bien plus que ce mot qu'on a tant l'habitude de lire sur les frontons de nos mairies qu'on ne le remarque plus.

Il est probable que je n'achète pas plus Charlie Hebdo maintenant que je ne l'achetais jusqu'à présent. Mais à chaque fois que je verrai la couverture du journal, à chaque fois que je verrai des couvertures de journaux se répondre et parfois se heurter violemment dans un kiosque, je crois que je penserai à ceux qui ont été assassinés aujourd'hui.

Et sur un plan plus personnel, ils n'ont pas tué en Cabu qu'un caricaturiste. Ils ont aussi tué le petit mec à lunettes et à la coupe de cheveux au bol avec lequel j'ai passé tant de mercredis après-midi gamin...

vendredi 13 juin 2014

Formats ouverts et pérennité

HTML est un langage fantastique. Il est maintenant à ce point entré dans les mœurs qu'il nous est difficile d'imaginer un système arborescent de fichiers qui n'y recoure pas... et qui du coup soit inutilisable. Je suis pourtant tombé récemment sur un exemple concret qui le met en évidence de manière éclatante.

CD avec une disquette 3 pouces 1/2 et une disquette 5 pouces 1/4

En faisant un grand ménage dans le bureau d'une collègue, j'ai trouvé un CD à vocation pédagogique, produit par Nathan en 1989. À cette époque, HTML n'existait pas, et le CD-ROM lui-même était une grande nouveauté (la norme date du premier semestre 1988), à tel point que le livret d'accompagnement contient quelques phrases qui nous paraissent maintenant quelque peu surréalistes : « Apprendre à exploiter un CD-ROM est une nouvelle démarche. Elle est liée à l'utilisation d'un ordinateur. Celui-ci est le complément indispensable du CD-ROM » (l'emphase est de mon fait).

Le CD-ROM est, après 25 ans, encore lisible, ce qui est en soi admirable. Le contenu semble très alléchant.

Pour accéder à ces trésors, il faut installer un logiciel permettant de naviguer sur le CD, logiciel bien évidemment fourni sur les deux disquettes accompagnant le produit. Un PC avec 640ko de RAM, lecteur de disquette, lecteur de CD-ROM et MS-DOS 3.XX est donc en théorie suffisant. Un disque dur n'est pas nécessaire.

Mais voici la triste conclusion : on a là un objet qui a l'air (très) intéressant, qui par on ne sait quel miracle numérique est encore physiquement consultable... mais dont le contenu est verrouillé parce qu'il est impossible, sur une machine contemporaine (à supposer qu'on en trouve encore avec un lecteur de disquette...) d'installer ces logiciels en raison de problèmes de compatibilité.

On ne peut évidemment pas en tenir rigueur à l'éditeur, Nathan, puisqu'à cette époque HTML n'existait pas. Il leur a donc fallu mettre au point un format par essence propriétaire... mais, hélas, non documenté.

Quand vous choisirez un format de publication pour votre livre électronique ou votre application, bref, votre produit numérique... pensez-y. Des formats ouverts et interopérables existent aujourd'hui, avec les outils pour les exploiter et les utiliser (ePub, n'importe quel navigateur Web, Firefox OS...). N'hésitez pas à y recourir : c'est, au fond, une question de respect de votre client que de ne pas le verrouiller dans une situation où il n'aurait pas le choix des moyens à utiliser pour accéder à votre produit.

vendredi 20 janvier 2012

Je ne suis pas typographe, mais...

Composition sur un composteur; letterpress studio

Le blog Typographisme.net, que j'ai déjà évoqué, vient de publier deux billets consacrés respectivement à la composition et à l'impression « à la main ».

Ces deux billets m'ont emporté loin dans mes souvenirs, et je ne peux résister à l'envie de les partager.

Mon grand-oncle possédait à La Guerche-sur-l'Aubois une imprimerie artisanale. Il y tirait affiches diverses, menus de banquets, faire-parts de toutes sortes, et... programmes de courses hippiques, la commune disposant à l'époque d'un hippodrome, fermé en 1996.

Lorsqu'il prit sa retraite, mon père qui l'avait parfois aidé a récupéré une petite presse à platine, équipée d'un grand volant d'inertie et d'un pédalier pour l'entraînement (à l'origine, le volant était entraîné par un moteur). La machine, dûment calée, fut installée dans le sous-sol de ma maison d'enfance. Mon père récupéra aussi un meubles à casses rempli (et donc lourd!!!), avec des caractères divers: de mémoire, deux ou trois polices sous différents formats et taille, et beaucoup de ce que, faute de vocabulaire adapté, j'appellerais des « fioritures », décorations et motifs divers utilisés par mon grand-oncle pour agrémenter ses mises en page (dont de nombreux motifs de chevaux de course...). Des composteurs et galées complétaient l'attirail, avec le détail à ne pas oublier: des rouleaux encreurs et de l'encre, maintenant introuvables...

Mon grand-oncle et mon père ont utilisé cette machine pendant de longues années pour tirer (presque) tous les faire-parts, cartes de visite et menus de la famille. J'ai des souvenirs de mercredis ou de samedis après-midi où le rythme du cliquetis et des bruits sourds de la machine fonctionnant en bas de la maison nous berçait, mon père, reprenant pour l'occasion sa blouse grise d'instituteur « vieille école », remontant de temps à autres pour nous montrer le résultat de ses tirages et essais pour que nous délivrions le « bon à tirer »...

À l'occasion, j'ai moi aussi composé. Je n'oublierai je crois jamais le plaisir de chercher dans la casse les caractères (attention aux a et aux points sur les i, parfois cassés ou usés!), l'odeur de l'encre, le plaisir de la composition et de l'ajustement, le choix des espaces. Bien évidemment, je n'essayais pas de justifier mon texte -j'y serais peut-être encore!!!

Venait ensuite le moment de passer sous presse. Ultime calage, important car la machine va appliquer les caractères sur la feuille, à la manière d'un livre qui se referme. Je prenais mon élan pour lancer le volant au pied. Un passage à vide pour encrer les caractères, puis on plaçait une feuille sur la platine, histoire d'avoir une première « impression ». On pesait alors de tout son poids sur le pédalier pour éviter un autre passage: pas la peine de gaspiller de l'encre si rare. Relecture attentive pour repérer les coquilles et caractères brisés ou usés, et vérifier la densité de l'encrage. Passage ensuite par la case casse pour apporter les corrections. Retour de la petite inquiétude au moment de serrer: et si j'avais mal aligné cette espace et que tout me venait dans les doigts (avec la perspective de devoir chercher les caractères par terre...)? Retour à la presse, correction de la pression sur la feuille si nécessaire et si tout se passait bien, après une autre vérification, le tirage proprement dit pouvait commencer. Et à ce moment, gare: il fallait prendre le rythme! Le pied toujours en action, même si le volant était là pour aider, il fallait insérer les feuilles l'une après l'autre, rapidement et précisément, pendant la phase où les deux plaques étaient les plus éloignées l'une de l'autre. Tant pis pour le maladroit: une main écrasée était la punition. Le cliquetis reprenait, les trois rouleaux passaient sur la plaque d'encrage sur laquelle trois disques tournants répartissaient l'encre, et l'odeur prenante de l'encre envahissait le petit local. Mon père récupérait les feuilles imprimées et les étalait à sécher sur une table voisine.

Et quelle fierté, ensuite, que de voir la réalisation finale. Quelque part aussi, un petit pincement au cœur en pensant que la quantité d'encre utilisée était irrémédiablement perdue, et que les fragiles rouleaux encreurs s'usaient inexorablement.

Merci à Anne-So pour m'avoir permis de déguster ces deux madeleines de billets :-)

lundi 14 février 2011

Qu’est-ce qui vous agace?

L’autre jour, j’ai croisé une voiture dont la sono bruyante martelait des basses à la manière d’un troupeau d'éléphants piétinant de la latérite asséchée. La voiture était par ailleurs rutilante et en parfait état apparent.

À un détail près toutefois: un clignotant (pour les puristes, un indicateur de changement de direction) était cassé.

Vous avez probablement tous chez vous (j’ai chez moi !) quelques détails qui vous tracassent, ce genre de petite chose à régler dont la vue ou la constatation, jour après jour, vous insupporte, mais que vous n’avez jamais le temps -ou la présence d’esprit de vous occuper : une poignée de porte qui grince, quelques pièces de monnaie traînant sur un meuble, une petite toile d’araignée dans un coin du plafond, un bouton à recoudre... Parfois, certains de ces détails sont non seulement gênants pour vous, mais aussi pour les autres -comme ce clignotant cassé. Leur point commun ? ne nécessiter que quelques minutes pour être réglé.

Ce détail s’insinue dans vos activités à chaque fois que vous le percevez. Il vous nargue.

Il peut vous paraître insignifiant, mais c’est une source d'agacement à chaque fois que vous le rencontrez. Et quand il affecte les autres, c’est aussi votre image qui en pâtit.

Alors ce soir, en revenant du travail, réglez-lui son compte. D’autres surviendront, mais au moins celui-là ne vous tracassera plus.

jeudi 25 juin 2009

Je n'aime pas les élastiques

Cela ne vaut peut-être pas quelques mots sur un blog... tant pis, je suis chez moi et j'assume.

Je n'aime pas, mais pas du tout, la manie qu'ont prise les bouchers de mettre des élastiques autour des paupiettes, au lieu de simples ficelles. Et en plus c'est résistant, ces machins. Je suis sûr qu'ils sont de mèche avec le syndicat des pressings et blanchisseurs, parce que le coup de l'élastique qui cède d'un coup, entraînant avec lui une nuée de petits morceaux de viande bien saucée, et éclaboussant la chemise, une fois ça va, deux fois ça ne va plus.

La ficelle coûte probablement plus cher. C'est peut-être plus difficile à mettre. Mais est-ce que les bouchers fabriquent des paupiettes pour eux-mêmes, ou bien pour leurs clients?

C'est vrai quoi, enfin.

mercredi 7 novembre 2007

Stéréotypes

Petit billet de quelques lignes... histoire de râler un peu (en tant que Français, je ne peux que m'adonner à ce sport national).

Vous avez déjà remarqué que les catalogues de jouets, et l'on en trouve beaucoup en cette fin d'année déposés dans nos boîtes à lettres, sont un très bon repaire de clichés. En gros, les jouets Premier Âge sont unisexes, mais dès que les bambins dépassent l'âge canonique de 3~4 ans, ils sont automatiquement catalogués : les jouets des petits garçons sont présentés sur un fond de page bleu, ceux des petites filles sur un fond de page rose, etc.

On note parfois quelques tentatives de rapprochement. C'est l'une d'elles qui fait l'objet de ce petit mot, et que je soumets à votre réflexion. Il est louable (quoique...) de proposer aux petites filles des circuits automobiles. Mais que penser alors d'un circuit automobile nommé "Shopping car circuit", et au long des rampes duquel sont postés des magasins aux très charmantes couleurs roses et vertes...

vendredi 12 octobre 2007

Tout est question de priorité...

Lundi soir dernier, passait sur Arte un documentaire intitulé Un taxi pour l'Enfer, qui racontait l'histoire d'un chauffeur de taxi afghan retrouvé mort dans la prison militaire américaine de Bagram.

Je me suis trouvé à zapper sur ce documentaire et juste à temps, ai pu saisir des propos surprenants d'un haut gradé américain. Incidemment, parlant du fait que l'armée américaine ne pouvant pas arrêter elle-même tous les terroristes du coin, payant les milices et l'armée afghane pour le faire à sa place (ce qui en soi ne me choque pas, dans la mesure où ces arrestations ne sont pas arbitraires mais fondées), il a déclaré (mais je n'ai pu saisir la phrase originale en anglais, couverte qu'elle était par la traduction), que le but était d'« éviter de gaspiller du temps et de l'argent en arrêtant des innocents ».

Diantre.

Peut-être est-ce parce que cette citation était alors sortie de son contexte qu'elle m'a frappé. Ainsi, ce n'est pas pour des raisons éthiques qu'il ne faut pas arrêter d'innocents... Non, c'est parce que cela est un gaspillage de temps et d'argent. Curieux renversement. On pourrait en déduire que, puisque cette raison est la seule donnée, si cela ne coûtait rien, ce ne serait pas dérangeant...