mardi 2 juillet 2013

Veilles technologiques

Dans le cadre des mes enseignements en licence Multimédia et développement Web à l'UPMC, j'ai maintenu l'exercice de « veille technologique » que j'avais expérimenté l'année dernière.

Même si les apprentis cette année n'ont pas toujours respecté la consigne de coller à l'actualité, globalement cela s'est bien passé. Voici les thèmes qui ont été abordés cette année:

vendredi 14 décembre 2012

Projets personnels encadrés en licence

Parmi les blogs que je surveille figure celui que j'ai mis en avant hier, Education Is My Life.

En octobre dernier, y a été publié un article intitulé Effective Personal Learning Time in Any Classroom: A Guide. En deux mots, il s'agit de s'inspirer des fameux 20% de Google, un dispositif mis en place dans cette société et octroyant 20% de leur temps à leurs ingénieurs pour leur permettre de travailler sur des projets personnels.

Concrètement, et en suivant les recommandations indiquées dans le billet, voici comment j'ai mis en place cette activité dans la licence de développement Web où j'enseigne:

Comme il était illusoire de disposer d'une journée entière par semaine pour cette activité qui était initialement non prévue au programme, j'ai réduit de moitié environ ce quota pour arriver à une demi-journée par semaine environ, en moyenne, dans les semaines où mes apprentis étaient présents à l'université (typiquement deux semaines par mois). Au total, ils auront eu, en cumulant, une semaine entière environ pour travailler sur ces sujets. Point important: cette activité n'est pas notée.

Je les ai prévenus courant novembre de cette mise en place, qui a séduit plusieurs d'entre eux. Je leur ai demandé de réfléchir à des sujets. La consigne était à la fois simple et compliquée. Partant du constat que l'on a en général beaucoup d'idées et de projets en tête mais que l'on manque de motivation pour simplement les débuter, je leur ai demandé de réfléchir à des thèmes qu'ils aimeraient aborder : apprentissage d'un langage ou d'une technologie, réalisation d'un site, familiarisation avec un CMS... Du moment que cela avait un rapport avec les métiers auxquels forme la licence, tout était acceptable a priori. La consigne était donc à la fois simple (Faictz ce que vouldras) et compliquée (pour une fois, ce n'est pas l'enseignant qui dicte quoi faire... et cela peut être perturbant !).

Un mois après, nous nous revus pour une première séance, au cours de laquelle je leur ai demandé, individuellement, à quel sujet ils pensaient s'intéresser. La quasi-totalité avait fait son choix. Pendant que ceux qui avaient déjà choisi se mettaient au travail, j'ai pris à part, toujours individuellement, chacun de ceux qui n'avaient pas encore trouvé et, par une série de questions sur leur motivation à être dans la licence, les ai amenés à trouver un centre d'intérêt.

Nous nous sommes revus encore un mois après et cette fois, tout le monde avait trouvé un sujet. Le rythme d'une séance par semaine pouvait débuter. La grande majorité a joué le jeu.

Les premières séances ont été passablement fatigantes -bien plus que des cours/TD habituels où je me contente de passer la moitié de mon temps en tutorat individuel. Il s'agissait de leur mettre le pied à l'étrier -j'ai en effet sans fausse modestie (!) plus de bouteille qu'eux, et savais a priori plus facilement les orienter pour résoudre leurs premières difficultés. Le plus difficile était de passer d'un apprenti à un autre et de devoir instantanément me remémorer le sujet et les difficultés rencontrées pour pouvoir guider au mieux, voire passer du temps à débugger avec eux du code ou explorer moi-même, sur ma machine, des solutions.

Il en fut ainsi pendant toute la première moitié de l'activité, au fur et à mesure de laquelle ils acquéraient de plus en plus d'autonomie.

Arrivé à la moitié, j'ai demandé à chacun de rendre compte de son travail. Pas de note évidemment, mais une prise de parole de quelques minutes pour mettre en valeur leur réalisation à mi-parcours devant le reste de la promotion.

Il y eut ensuite une seconde restitution, à la toute fin, où pendant une dizaine de minutes à un quart d'heure ils devaient présenter le résultat final.

Voici les sujets auxquels ils se sont intéressés (pas d'ordre particulier, je passe en revue mentalement leur position dans la salle :-) ):

  • Familiarisation avec le CMS Prestashop
  • Un « site-CV »
  • Un site à base de WordPress pour permettre à une communauté de gamers de partager leur fan-fictions
  • Utopie Tangible, un blog collectif d'actualité musicale, mode et artistique
  • Apprentissage d'Objective C
  • Un autre « site-CV » et un début d'apprentissage de C♯ .Net
  • Un jeu avec canvas et la bibliothèque TweenJS
  • Un autre jeu en canvas avec la bibliothèque EaselJS pour réaliser des animations de sprites
  • Un jeu de puzzle 3D
  • Un emploi du temps dynamique
  • Une e-boutique « à la main », sans passer par un CMS
  • Une combinaison de PowerShell et de l'API Photoshop pour un site permettant de retoucher des photos en ligne
  • Réalisation du back-office de gestion des images et des données sur les véhicules pour le site Lyon en Lignes, avec migration de l'existant

Au final, c'est une expérience que je vais renouveler l'année prochaine. Le but a été atteint pour quasiment tous les apprentis: se faire plaisir en apprenant quelque chose, gagner en confiance et en autonomie, faire preuve de curiosité... et de mon coté, le plaisir de voir les apprentis petit à petit s'approprier leurs projets et apprendre à mener leur barque en toute autonomie.

mercredi 13 juin 2012

Quoi de neuf? Initiation à la veille technologique

J'enseigne au quotidien le développement Web en licence multimédia à l'Université Pierre-et-Marie-Curie. C'est une licence en alternance.

Ayant constaté que la plupart de mes étudiants n'avaient qu'une vague idée de la notion de veille, et étaient -du moins au début de la formation- souvent plus ou moins naïfs sur la réalité des métiers auxquels ils se destinaient, j'ai souhaité les mettre au pied du mur.

Pour cela, voici deux ans j'ai mis en place un petit exercice au début de chaque cours -jours d'examen inclus. Je demande à deux d'entre eux de successivement présenter pendant une poignée de minutes (normalement cinq) une nouvelle qui leur a semblé importante, parue depuis le cours précédent. L'ordre de passage, plus ou moins alphabétique, est déterminé plusieurs jours, voire semaines, à l'avance. Je leur fournis à cet effet, en début d'année, une liste d'une vingtaine de sites et blogs divers, les incitant à en chercher d'autres, qui soient plus à l'image de leurs centres d'intérêt. Je leur demande de systématiquement préciser la source de leur information, afin de la faire découvrir aux autres.

Outre l'initiation à la veille, cet exercice leur permet aussi de s'entraîner à la présentation orale, sans pression car l'exercice n'est pas noté. Je me contente à la fin de la prestation de la commenter sur le fond et la forme, si possible en explicitant le contexte ou élargissant le sujet (je ne suis pas prévenu à l'avance du thème qu'ils choisissent d'aborder).

D'un point de vue bassement pratique, cela me sert aussi de tampon pour permettre aux retardataires éventuels (une majorité dépend du RER ou du train de banlieue pour arriver, et je fais cours le matin ;-) ) de ne pas rater le début du cours. Incidemment, cela me permet aussi de ne pas commencer le cours trop abruptement, dès qu'ils sont tous en place. Ce temps informel est une sorte de mise en jambe intellectuelle pour la suite...

En pratique, si l'exercice de présentation orale se passe bien, c'est moins le cas avec l'exercice de veille proprement dite. Ils choisissent souvent de présenter plutôt une solution logicielle, une bibliothèque ou un ensemble de ressources qui n'a pas fait l'actualité, mais leur semble intéressant (parce qu'ils l'ont découvert en entreprise, ou l'ont trouvé par hasard...). Au fond, ce n'est pas grave tant que la veille ne disparaît pas totalement. Au moins, ils ont présenté quelque chose d'intéressant aux autres étudiants, et se sont entraînés à la prise de parole en public, même restreint. Certains préparent des diaporamas mis en page, d'autres se contentent d'un papier à la main... mais tous parlent. Avec plus ou moins de facilité certes :-)

Quoi qu'il en soit, et même si cela n'est que la seconde promotion que je fais se livrer à ce petit exercice, le bilan est globalement positif :
  • les étudiants ont une idée de l'actualité foisonnante du domaine ;
  • ils découvrent des solutions, des sites qui élargissent leur horizon ;
  • ils peuvent s'entraîner à la présentation orale, avant les soutenances notées de fin d'année, toujours plus stressantes ;
  • je peux avoir une idée de l'aisance à l'oral des étudiants et leur donner quelques conseils ;
  • ... et de temps en temps, ils m'apprennent quelque chose qui avait échappé à mes radars :-)

Bref, je compte bien continuer l'année prochaine!